28 avril 2023 | Lecture : 2 minutes
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5 leçons de gestion de la connaissance au moyen-age
Il y a quelques semaines lors de ma visite de l’exposition « Splendeurs des oasis d’Ouzbékistan », je suis tombé sur une copie du XIVème siecle d’un des manuscrits d’Avicenne et j’ai été bluffé par ce fragment de connaissance qui a traversé un millénaire ainsi que par ce qu’il nous dévoile sur la gestion de la connaissance à l’époque.
Médecin le jour, philosophe la nuit, Ali Ibn Sina (connu sous le nom d’Avicenne en occident) vécut au début du XIème siècle, et ses disciples l’appelaient cheikh el-raïs, c’est-à-dire « prince des savants ». Bref, c’était le Knowledge Domain Expert E.M.E.A. de l’époque.
Quand on regarde son approche de la gestion de la connaissance (qui date d’il y a plus de 1000 ans, j’insiste), on se rend compte que des concepts fondamentaux aujourd’hui étaient déjà en pratique à l’époque
1. Transformer la connaissance tacite en connaissance explicite
Avicenne a bien compris la valeur de l’externalisation de la connaissance : il a consigné tout son savoir dans trois manuscrits : l’encyclopédie médicale Qanûn (« Canon de la médecine ») et ses deux encyclopédies scientifiques le Livre de la guérison (de l’âme) et Danesh-e Nâma (« Livre de science »). Ces ouvrages seront copiés (à la main bien sûr), traduits en plusieurs langues et distribués dans toute l’Europe pendant plusieurs siècles.
2. Capturer ce que l’on sait, même si on n’est pas certain
Leonard de Vinci sera un des premiers à remettre en question de nombreux éléments du Qanûn et à revoir notre compréhension de l’anatomie humaine. Même si elles étaient imparfaites, les connaissances partagées par Avicenne ont été utiles pendant près de 5 siècles.
3. Actualiser les connaissances quand on les réutilise ou quand on fait de nouvelles expériences
Comme vous pouvez le voir sur la photo, de nombreux auteurs ont annoté le texte au cours des ans et ont contribué à l’amélioration collective de la connaissance sur ces sujets
4. L’outil est au service du processus (et pas l’inverse)
Même au prix du papier à l’époque, on ne lésine pas sur les marges car on sait que qu’il y aura de nombreuses annotations. Le support est donc prévu en conséquence !
5. Partager la connaissance est un bon moyen d’être reconnu
S’il n’avait pas consigné ses connaissances sur papier et s’il n’avait pas autorisé ses disciples à en distribuer des copies, tout le monde aurait oublié jusqu’à l’existence d’Avicenne.